Capes 2015: 2ème partie. L’oral de GEOGRAPHIE ou la « mise en situation professionnelle »… La leçon quoi!

Jour 3: Châlons, lundi matin 29 juin 2015.

Bon, aujourd’hui c’est la MSP, ou la mise en situation professionnelle, autrement dit THE épreuve: la leçon de géo.

Hier j’ai pu faire le point: grâce à la visite (éclair, 50 minutes!) à la bibliothèque sur place au lycée j’ai reconnu quelques ouvrages présents dans mon coffre: ceux des années 90’s, style doc.photographique par exemple ou manuels de fac utilisés pendant mon DEA en 2005 (et pas du tout sur les questions au programme, donc!) et les manuels de préparation concours que je n’ai pas pu lire cette année mais que j’ai feuilletés cependant avec « méthode »! Donc la stratégie a été la suivante: en fonction des trois thèmes de l’année, choisir dans les documents en ma possession les pages, croquis, cartes, schémas, définitions qui pourraient correspondre au plus grand nombre de sujets possibles et donc à utiliser en roue de secours. Ce travail un peu fastidieux m’a permis de mieux gérer les 30 minutes de passage à la bibliothèque en choisissant les mêmes ouvrages déjà vus afin de rentabiliser au mieux le temps (même si à défaut d’une utilisation optimale des supports pour le sujet tombé…mais il faut jouer la stratégie quand on a pas bossé!).

Je suis convoquée à 11h.

H – 1: lecture de ma bibliographie et du rapport du jury pour la dixième fois. Sans parler du blocage pendant le café sur la convocation à tenter d’y trouver des réponses mystico-érudites aux questions que je me pose sur ce qui va se passer.

La touriste qui est en moi commence à bien stresser, comme si je me trouvais en col roulé sur une plage nudiste voire pire, nue sur l’esplanade de la Tour Eiffel. Le tout est d’assumer l’imposture jusqu’au bout, c’est à ce moment là qu’on se sent quand même un peu idiot …

H -30 minutes: lycée pro Etienne Oehmichen. Là encore je comprends pourquoi il était si important d’être convoquée 24 heures avant le début des épreuves (même un dimanche finalement). Parce que le lycée où se passent les épreuves est une véritable cité scolaire!

vue_avion_2008vue aérienne

et pour le bâtiment des épreuves:

K_2006De toute beauté post-moderniste.

On ne se rend pas compte comme les marches qui mènent à l’entrée sont nombreuses et hautes, et que sur beaucoup d’entres-elles de nombreux candidats attendent leur moment de passage en contenant (avec brio je dois admettre) leur appréhension. En fait je me suis vite rendue compte que les angoissés et maxi-stressés attendent à l’intérieur, assis sur une chaise, le tout en costume complet dans une ambiance moite à 35°C.

Une fois entré, il faut à nouveau émarger, présenter sa convoc et laisser sa carte d’identité à 5 étudiants goguenards qui tentent de rester enthousiastes dans cette atmosphère lourde de tensions cumulées. Une fois cette démarche établie il est possible de rejoindre les marches de ce cher bâtiment avant de retourner dans la salle de convoc 10 minutes avant l’appel…

H-10 minutes: salle d’attente. Nous sommes à nouveau une petite quinzaine de candidats. On nous invite chacun notre tour à piocher un sujet dans une enveloppe, puis à le noter sur une feuille afin de « l’officialiser ». Ensuite on retourne s’assoir. Les chaises sont collées contre le mur ce qui amplifie le gros vide central de la pièce et fait que chacun baisse les yeux pour ne pas croiser le regard du voisin « Mon DIEU!!! Qu’est-ce que c’est que ce p…. de sujet »!!

Les systèmes productifs de la culture en France. Ha ben bravo.

Des appariteurs viennent ENFIN nous chercher et nous conduisent dans notre salle de travail, une belle salle de classe de SVT avec bureau géant pour chacun.

Et là, c’est tellement le stress que même d’écrire le sujet sur la feuille à présenter au jury dans 4 heures apparaît la pire des épreuves! Sans parler ensuite du passage express à la bibliothèque pour emprunter 5 ouvrages et 4 documents!

Le reste défile si vite…..

H – 0!!! : Lorsque mon appariteur est venu me chercher, je n’avais même pas encore mon plan complet et donc écrit sur le transparent obligatoire à présenter au jury, et je n’avais rédigé que l’introduction et la troisième partie (adaptation pédagogique du sujet, 10 minutes). Après avoir hésité sincèrement à passer la porte de la salle d’épreuve, j’ai été toutefois surprise de tomber sur des personnes (et donc pas des robots, hein?) polies et plutôt souriantes.

Mon exposé: temps tenu jusqu’au bout malgré 20 minutes d’improvisation totale mais à peu près cohérentes. Pas de cartes mais utilisation d’une carte topo avec mise en travail des élèves dessus pour compenser ce manquement à mon devoir de géographe!

Les questions: je ne pourrais même plus compter le nombre de questions qui m’ont été posées tellement qu’ils enchainent durant 30 minutes, à raison d’1 minute grand maximum offert en temps de réponse. Quelques exemples néanmoins:

  • « citez un exemple d’entreprise cosmétique installée dans le rural en France
  • quelle emprise?
  • quel exemple pour un projet de réhabilitation urbaine à finalité culturelle?
  • dans quels autres territoires la France produit-elle de la culture ?
  • quels objectifs de consommation pour un touriste chinois en France?
  • que veut dire « bibendum »?
  • quels liens métropoles et culture? »

… mais je suis assez satisfaite de ma performance, car si l’exposé était très moyen j’ai tenu mon temps sans flancher et répondu à toutes les questions, sauf Bibendum forcément…Heureusement aussi, aucun public n’a assisté à l’oral, je pense que ça m’aurait déstabilisé.

H + 1: A la sortie je retrouve une ou deux personnes de ma « ligne » de préparation. L’une d’elle est en pleurs. Après une cigarette ça va mieux, mais comment lui dire qu’il n’aurait jamais du dire « à l’année prochaine » à son jury? En tout cas ça fait du bien quand c’est terminé. ça vaut bien une bière en terrasse au centre de Châlons, histoire de voir à quoi ressemble la ville et de stopper deux secondes le film de l’oral qui se rejoue sans cesse dans ma tête…

H + 3: Je suis à ce moment très calme et en mode « warrior » pour me remettre au travail: il faut désormais comprendre en quoi consiste l’oral du lendemain et ficher un livre de base d’historiographie (rien que ça) afin de combler le temps qui me sépare de la terrible épreuve….d’histoire!

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