Avant-goût: réaliser le dossier de RAEP du CAER en Histoire-Géographie.

Lorsque je me suis inscrite sur ce sympathique et attrayant site du SIAC 2 pour le CAER en histoire-géo, j’étais loin d’imaginer à quel point les heures passées à écrire mon dossier allaient être longues…! Parce que sur le papier « réaliser un dossier écrit de 8 pages » ne m’apparaissait pas en soi si complexe au regard de l’expérience, des années d’études, et face aux fameuses questions du programme pour le concours externe en comparaison…

Et pourtant, avant de rentrer dans les clous et de s’assurer qu’on maitrise un certain protocole accompagné de son vocabulaire didactique d’usage, et bien la route est finalement longue. Mais enrichissante cependant, car c’est lors de cette année de stage avec la grande inspection de validation que je vais pouvoir me ressaisir scrupuleusement de toutes ces informations.

Déjà rien qu’à ce moment de l’inscription, malgré mes 4 ans d’expérience et un peu plus, et bien je ne pouvais pas encore vraiment expliquer ce qu’était ce mot, cette notion essentielle: la didactique. (Je vais revenir là-dessus plus tard!)

Alors…

la 1ère étape: 3 ans d’ancienneté?

S’assurer que l’on a bien 3 ans d’expérience! (parce que j’ai dans mon entourage un exemple d’une lauréate du concours recalée ensuite car il lui manquait un semestre…). Bon, alors tout de suite, afin de se rassurer, il faut appeler le rectorat…hum… (« hum » = technique de la langue de bois pour prof. stagiaire tout neuf qui a encore en tête la théorie des devoirs de l’enseignant et notamment celui qui consiste à ne pas dénigrer le système et donc son employeur par peur de sentences … Ceux qui connaissent me comprendront). Une fois la personne en charge des concours du privé contactée, vous êtes reliés à la personne qui vous suit en fonction de votre établissement d’origine. Elle vous propose de vous transmettre un Etat des services (ou relevé de carrières?), ce qui vous permettra (ou pas d’ailleurs) de faire état de votre ancienneté. Je précise que les modalités de calcul ne sont pas si simples. D’ailleurs ce que vous recherchez vous c’est un avis expert qui attestera clairement de cette ancienneté! Bien heureusement, une personne très compétente du rectorat a pris le temps lors de la remise des papiers de vérifier devant moi que tout était ok. Merci encore madame d’avoir enlevé de mon cerveau saturé cette petite (mais centrale) question en suspension durant les longs mois de cette « aventure » !

La 2de étape: S’inscrire au plus vite à une formation (en septembre déjà).

Pour les établissement privés, elle est proposée par Formiris, sous réserve de l’accord de votre chef d’établissement. Elle vous permet de rencontrer d’autres candidats (et des concurrents?!!) mais surtout des formateurs qui vont passer du temps à relire, corriger et proposer de nouvelles pistes au brouillon de votre écrit. Il y a deux possibilités: vous pouvez suivre une semaine complète dans votre centre ISFEC de rattachement (voir sur le site: http://www.formiris.org ) ou 3 journées durant l’automne dans un des centres de votre académie. C’est la deuxième option que j’ai choisie, car à ce moment du parcours je ne savais pas qu’une formation sur une semaine existait. Se renseigner donc, la ou le secrétaire de direction de votre établissement est normalement habitué(e) ce qui permet d’aller au plus vite, et parfois vous recevez même le lien directement sur votre boite mail professionnelle au tout début de l’année scolaire. Vous pouvez aussi passer par le CNED, là encore j’ai appris qu’un collègue avait obtenu le financement de sa formation à distance par son établissement (500 euros environ quand même!).

3ème étape: Se documenter pour commencer

  • Emprunter ou acheter un livre qui peut servir de base. Moi une amie avait celui-ci:la RAEP enseignement, dont CAER
  • lire: http//webtice.ac-guyane.fr/histgeo/IMG/pdf/vademecum_raep-relu.pdf
  • le rapport du jury bien sur, qui va devenir en plus du B.O votre « bible » (comme le disent si bien et si régulièrement tous nos formateurs!) http://cache.media.education.gouv.fr/file/capes_int/56/7/hitg_346567.pdf

4ème étape: Lire le dossier d’un « admissible »

Demander à un collègue qui a réussi le concours interne dans les 3 ans maxi avant la session 2015, qu’importe la matière d’ailleurs, de vous faire lire son dossier ce qui vous donnera un bon exemple et peut-être une bonne base pour organiser votre écrit (les plans se ressemblent beaucoup pour ce qui est de l’organisation générale du dossier, au regard de ce qui est préconisé par le jury notamment).

Voilà, c’est déjà un bon début je pense. Il vous reste environ 3 mois pour réaliser votre dossier, sachant que certain sont dessus depuis parfois déjà 1 année… Mais pas de pression, c’est possible de faire un super projet dans ce temps imparti. Des conseils sont à venir prochainement sur le blog, des documents et le plan de mon dossier RAEP. Je ne veux pas être orgueilleuse mais bien apporter un accompagnement ou un support avec l’exemple de mon parcours dans ce concours. La note de 18 reçue au dossier atteste en bonne partie d’une compréhension des attentes du jury.

D’ailleurs j’appelle ici à des retours d’expériences, vous pouvez me trouver sur twitter si plus facile:

profbourg@sidhkat

Bonne rentrée, bon courage à tous!

Le CAER en histoire-géographie : Qui/Comment/Quoi? Partie 1/2: Avantages/désavantages par rapport au CAPES/CAFEP

Cette année scolaire 2014/2014 était centrée sur un objectif principal:

Avoir le concours interne d’histoire-géographie. 

Déjà il a fallu comprendre: quoi? comment? où? puis-je? Qué???

Trouver le bon intitulé du concours c’est déjà un peu complexe! L’inscription passe encore, le tout est de ne pas se tromper entre concours externe/réservé/troisième concours et CAER.

CAER? Certificat d’accès à l’échelle de rémunération des professeurs certifiés.

S’adresse à:

  • ceux qui ont au moins 3 années d’expérience d’enseignement (privé ou public)
  • et en poste au moment de l’inscription au concours
  • justifiant au moins d’une licence jusqu’à 2015, M1 désormais
  • une licence et 3 enfants
  • une expérience dans le secteur public (fiche de salaires à l’appui, donc mission de recherche pour le compte d’une université durant 3 ans au sein d’une collectivité territoriale ça ne marche pas dans mon cas donc!)
  • http://www.education.gouv.fr/…/conditions-d-inscription-au-caer-capes.html

Afin de savoir si l’on a accumulé assez d’ancienneté: il faut contacter la personne des services du rectorat qui gère notre dossier (c’est à dire en fonction de l’établissement où l’on est en poste, cas pour le privé) et lui demander un « état des services » = un tableau récapitulatif des missions d’enseignement depuis le début de la « carrière ». A partir de là il faut calculer, si vous n’avez pas eu la chance d’enchaîner les missions d’une année scolaire complète à l’autre.

N.B: en formation j’ai toutefois appris que le fait d’avoir une mission de 7 jours effectifs à temps complet de septembre à décembre ou de janvier à juillet faisait valider un semestre entier d’expérience!!!! C’est élément a été donné par un formateur de préparation au dossier écrit et validé par des collègues. Ne pas hésiter là aussi à vérifier auprès des services du rectorat.

Des avantages?

Ce concours est cohérent pour les personnes qui ont déjà une bonne expérience de l’enseignement, soit pour les profs!…enfin… les pas encore « vrais profs », hein?! Je suis quand même étonnée de ce système finalement assez hiérarchisé qui existe entre enseignants: l’agrégé, le certifié, le maitre auxiliaire ou délégué, le vacataire tout en bas de l’échelle (qui assure pourtant ses cours, emportant chez lui le souci de ses élèves sans bénéficier cependant d’une rémunération durant les vacances). Ce système est surtout en fait alimenté par quelques « collègues » (loin d’être le cas de tous bien-heureusement), qui semblent parfois ne pas considérer le maitre délégué (statut du privé sous contrat), pourtant sur un poste parfois à l’année voire deux…, comme un égal. Ce dernier reste trop souvent appelé le « remplaçant de Mme Untel » alors qu’il effectue une mission semblable à celui qui sur le moment n’est pas en capacité de remplir sa mission d’enseignement (un droit, aléas de la vie). Et même ceux qui sont ouvertement accueillant sans s’arrêter au titre/statut du collègue peuvent parfois réutiliser le vocabulaire qui va replacer tout de suite le « remplaçant » à son niveau: le bas de l’échelle du prof. « Tiens je te présente ……., on bosse ensemble à ….., elle fait des remplacements ». Ha oui, c’est vrai, j’avais moi-même oublié, étant en poste sur une décharge…

Bref, voici quelques avantages à passer le concours:

1. devenir un prof, un vrai (apparemment!)

2. Être respecté de ses collègues (pour ce qui est de la hiérarchie (ici direction), j’ai toujours trouvé les personnes très respectueuses et professionnelles)

3. Être mieux payé (haaa, c’est peut-être ça l’histoire en fait? le respect s’acquière au niveau de la fiche de salaire?). C’est à dire passer de 1300 euros (en gros, voire moins) à 1700 (idem). après rajouter supplément familial, ancienneté (échelons…). Mais l’augmentation certaine d’environ 400 euros par mois vaut déjà le coup à elle seule!

4. Ne plus s’entendre dire, passé trente ans, « et tu vas faire quoi après »?

Avantages du CAER en particulier:

1. un dossier écrit dont vous choisissez le sujet (et c’est pas rien pour ceux qui ont un jour expérimenté le stress du sujet de l’externe qui tombe!) pour lequel vous avez un temps imparti assez long si vous vous organisez bien. (pas comme moi donc: choix du sujet en octobre alors que le dossier est à envoyer début décembre!)

Attention: c’est aussi à double tranchant, il faut bien se saisir des attentes du jury, le dossier écrit répond à des normes strictes et demande un travail plus lourd que ce qu’on imagine.

2. Un dossier écrit que vous présentez dans la discipline de votre choix. Donc une manœuvre stratégique doit s’opérer: si je suis géographe je fais mon dossier en histoire car l’oral sera lui en géographie et j’aurai alors toutes mes chances à ce moment avec moi (crucial donc, car coefficient 2 contre 1 pour l’écrit), et inversement. Mais, l’idée est aussi d’arriver jusqu’à cette fameuse seconde épreuve, donc on peut aussi préférer « assurer » dans sa matière forte et mettre ensuite les bouchées doubles, et ce sans attendre les résultats d’admissibilité bien sur!

3. Des collègues (car vous êtes en poste) qui vous proposent de vous faire passer des oraux blancs, en condition de concours.

4. Des élèves sur qui s’entrainer toute l’année!

5. Une seule épreuve orale (contre deux pour le Capes/cafep externe). Sujet avec dossier documentaire en plus. (mais attention, là aussi c’est traître car ultra normé en fait)

6. Pas de questions au programme, donc moult aspects scientifiques en moins à travailler. Mais par contre LE programme collège-lycée à maitriser par coeur! ainsi que les essentiels disciplinaires + éducation civique + actualités + environnement enseignement (fonction publique élargie)

7. Un concours plus adapté à ceux qui ont eu un parcours plus atypique (reconversion pro, enfants après études, long moment sans avoir travaillé sur les bancs de la fac…)

8. Un jury vraiment bienveillant à l’oral, et une organisation plus « douce » c’est à dire c’est un peu moins l’usine qu’à Châlons-en-Champagne.

9. Saint-Nazaire c’est sympa, on y mange des bonnes crêpes et on y voit la mer.

Désavantages: 

1. C’est difficile de préparer un concours tout en étant en poste. Il faut travailler le soir, parfois très tard et tous les we avant le rendu du dossier puis le dernier mois (au moins!!!) avant l’oral. (voir article à venir sur les conseils pour réussir, je me permets, j’ai eu 18 à l’écrit, 15 à l’oral, preuve que du premier coup c’est possible = ici c’est un encouragement pour vous lecteurs/candidats). C’est difficile de devoir apprendre par coeur des choses que l’on a compris et quel l’on ressasse pourtant en classe bien souvent!

2. C’est un concours difficile qui demande un réel investissement personnel: être complet, tant sur le scientifique que la didactique et la pédagogie.

3. Une fois le sésame obtenu, on se rend compte qu’il existe encore une hiérarchie: entre ceux qui ont eu l’externe, la »voie royale » (genre « t’es douée ») et l’interne (rrrrrrrrrr encore un complexe de sous-prof à tenir?) et cet aspect se voit finalement validé par le système en lui-même. C’est à dire qu’un externe est ensuite prioritaire sur les postes au mouvement face à l’interne. Pourtant il a déjà oeuvré, lui,  pour l’entreprise publique, non?

4. Le lauréat du concours interne fait son année de stage là où il trouve des heures disponibles sur lesquelles il postule au deuxième mouvement (en fin d’année). Mais il ne peut que formuler des voeux en fonction des postes vacants sur lesquels il sera placé (donc si l’académie est grande, il existe un risque non négligeable d’être envoyé à 150 km de chez soi). Il doit effectuer ses 18 heures, donc une charge horaire importante (5 classes environ) tout en travaillant ses cours dans le souci et le respect total des prérogatives du B.O afin d’être validé, soit un re-travail bien abouti de tous les cours si ces derniers n’étaient finalement pas à jour ou encore sans tableau récapitulatif type « objectifs/notions/capacités/attitude.. ». Une dizaine de journées de formation sont toutefois proposées et obligatoires afin de l’aider dans cette « aventure ». L’externe lui n’a que 8 à 10 heures de charge de cours sur la base de moitiés de classes que lui délègue son tuteur, donc l’externe « vient avec ses heures », il ne fait pas de voeux car il est placé directement en fonction de son adresse et de celle du centre de formation dans lequel il va être présent deux jours par semaine (9/10heures). Les deux sont bien sur payés de la même manière.